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Jérôme Chenevière

Agriculteur à Guillerval (91), portrait et témoignage.

Ce portrait a été réalisé en juillet 2016. Les informations sont susceptibles d'avoir évolué.

Présentation de l'entreprise

  • Situation de l'entreprise : L'exploitation est située au sud de l'Essonne sur la commune de Guillerval, au sein des dernières vallées avant la plaine de Beauce.
  • Superficie : L'exploitation fait 192 ha dont 100 ha en argilo calcaire moyennement profond et 92 ha en sol très superficiel avec des charges de cailloux jusqu'a 40%.
  • Nb de salariés : Je suis seul.
  • Saisonniers : Aide d'un ou deux membres de la famille pendant la moisson.

Historique

Etes-vous fils/fille d'agriculteur ? Je suis, fils, petit fils et arrière petit fils d'agriculteur.

Depuis quand êtes-vous installé ? Je me suis installé le 27/04/2007 après deux ans de commerce dans un négoce des Yvelines et 5 ans au sein d'une firme phytosanitaire.

Comment a débuté votre projet ? Mon projet a débuté courant 2006 suite aux problèmes de santé de mon père, il a arrêté l'exploitation complètement en 2009 et il nous a quitté il y a quelques années.


Activités & Productions

  • Quelles productions proposez-vous ? Céréales (blé, blé améliorant, blé dur, orge d'hiver et de printemps), oléagineux (colza et épisodiquement du tournesol) et protéagineux (fèveroles, pois, lentilles et vesces).
  • Quelle est la plus importante ? Majoritairement des céréales.
  • Y-a-t-il des rotations ? Ma rotation est sur 5 années Colza/Blé/Orge/Protéagineux/Blé. En terre superficielle peu de cultures sont possibles pour rallonger la rotation. J'ai intégré depuis deux ans la fèverole pour avoir une culture de printemps et une légumineuse pour le sol, par contre le revers de la médaille est le problème du coup de sec courant la floraison en juin, depuis deux ans le rendement ne dépasse pas 20 qx. Suite à une visite de la coopérative Gatichanvre, je pense intégrer cette culture pour la prochaine campagne afin de nettoyer les sols et d'allonger la rotation.

Commercialisation

Qui sont vos acheteurs ? Je commercialise mes céréales auprès de négoce locaux (Coisnon / Lejeune Feys Paratre).

Projets, perspectives et humeur

Suite à mon passage au sein d'un négoce des Yvelines, j'ai pu constater la difficulté que certains agriculteurs rencontrent dans leur désherbage graminée. Depuis mon installation je suis à la recherche d'un moyen de solutionner ce problème qui devient de plus en plus grandissant dans notre secteur. Apres deux années de réflexion, j'ai pris la décision de me lancer dans l'agriculture de conservation. Ce système a montré une très bonne réussite en désherbage, une réduction très importante de l'érosion qui devient de plus en plus importante avec l'évolution du climat, de réduire les pertes d'eau dans le sol en conservant un paillage en surface ce qui me permet d'améliorer mes productions en terre superficielle...
L'agriculture de conservation a trois piliers :

  • 1. Couvrir le sol toute l'année. Sur ma ferme un couvert est implanté systématiquement après la moisson. L'année précédente, j'ai réalisé un mélange de 12 plantes différentes afin d'obtenir la meilleure couverture possible, et d'apporter le maximum de biodiversité. Le colza est la seule culture qui n'a pas de couvert avant son implantation, mais il est associé depuis deux ans avec des plantes compagnes. Le but étant de réduire le désherbage de la culture en se passant d'anti-dicotylédones à l'automne, de préserver les insectes d'automne et de bénéficier de l'apport des légumineuses au niveau azote.
  • 2. La non-perturbation du sol par l'adoption du semis direct à faible vitesse afin de ne pas remettre les graines des mauvaises herbes en germination. Pour cela, j'ai adopté depuis peu un semoir spécifique sur lequel j'ai ajouté différentes trémies afin de réaliser des mélanges au semis comme l'apport d'engrais localisé ou le semis de plante compagne au colza, orge ou blé.
  • 3. L'allongement et la diversité de la rotation en changeant les combinaisons d'enchainement des cultures, le semis d'un colza après une légumineuse a l'avantage d'avoir un sol indemne de paille afin de ne pas être gêné par les limaces et la paille.

Avec plusieurs agriculteurs, nous avons créé une antenne de l'APAD (Association pour la Promotion d'une Agriculture Durable). L'APAD Sud Bassin Parisien a pour idée de rassembler les agriculteurs souhaitant développer l'agriculture de conservation et de faire partager nos pratiques pour développer ce système. L'APAD SBP a créé aussi un GIEE qui a pour projet : « Lever les freins techniques au développement de l'agriculture de conservation des sols ». Ces membres travaillent pour trouver des solutions afin d'aller encore plus loin et de lever les soucis que nous rencontrons en agriculture de conservation comme trouver des variétés qui démarrent plus vite en sol plus froid et moins ressuyé, de trouver des méthodes ou des pratiques efficaces contre le campagnols des champs...
Depuis le début d'année 2016, j'ai intégré le groupe DEPHY sur la région d'Etampes, ce groupe est animé par Sarah LAFFON, conseillère Chambre d'Agriculture. L'objectif est d'essayer de mettre tous les leviers disponibles afin d'atteindre l'objectif Ecophyto 2025. Cependant certains leviers sont évidents comme choisir des variétés peu sensibles aux maladies afin de réduire les fongicides, de semer une densité plus faible afin de se passer de régulateur... par contre d'autre sont encore à trouver et à expérimenter. Dans ce groupe, les agriculteurs ont tous un profil différent, avec des cultures différentes, des méthodes de mise en culture différentes. L'idée étant de voir ce qui marche chez mes collègues pour essayer de mettre en place ces stratégies chez moi.

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