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Olivier POTIN

Agriculteur à Us (95), portrait et témoignage.

Ce portrait a été réalisé en juillet 2009. Les informations sont susceptibles d'avoir évolué.
Fiche ancien modèle.


Situation de l’exploitation

Située en plein coeur du Vexin français, dans le petit village d’Us, l’exploitation d’Olivier POTIN se trouve à 45 km de Paris et à seulement 15 km de Cergy Pontoise. Us, paisible village de campagne aux portes d’une ville nouvelle dont la densité démographique ne cesse de croître : le contraste est étonnant et on se laisse immédiatement séduire par ce petit coin d’Ile-de-France, havre de verdure et de calme.


Historique de l’exploitation : une spécialisation vers les grandes cultures

De la polyculture élevage à une exploitation spécialisée en grandes cultures

En 1977, après un diplôme en biologie végétale à la faculté de Jussieu, Olivier Potin s’installe sur l’exploitation familiale. En plus de la production de grandes cultures sur 230 ha (dont 140 en location), celle-ci comptait à l’époque un atelier de 100 boeufs à l’engraissement ainsi que 52 truies.

Naisseur-engraisseur, le père d’Olivier assurait une production annuelle d’environ 1100 porcs. Afin de garantir un jambon de qualité, des truies de race LARGE WHITE étaient croisées avec un verrat PIETRAIN conférant au produit fini à la fois une longueur et une forme satisfaisantes.

Cependant, au fur et à mesure que la superficie de l’exploitation augmente, il devient de plus en plus difficile de concilier grandes cultures et élevage. Malgré l’intérêt d’Olivier pour les productions animales et face aux obstacles de plus en plus nombreux pour continuer ces productions en Ile-de-France (peu de vétérinaires ruraux, disparition des abattoirs franciliens...), il décide en 1981 de se spécialiser en grandes cultures.



Au fil des années, il saisit les opportunités qui s’offrent à lui : en 1989 et en 2008, il rachète ainsi deux exploitations, ce qui compense la reprise par un des propriétaires de 140 ha. Fait rare en Ile-de-France où le fermage est très répandu, Olivier Potin est donc propriétaire des 310 ha qu’il cultive aujourd’hui.

Les productions actuelles

Actuellement, la ferme emploie un salarié, en plus du travail d’Olivier. Afin de diminuer les charges, Olivier partage son matériel avec une exploitation voisine, ce qui lui a permis d’investir dans du matériel de précision.


L’assolement pour la campagne 2008-2009 est réparti de la façon suivante :

• 50 ha de colza à vocation alimentaire
• 15 ha de féveroles : cette culture a été introduite pour remplacer le pois dont raffolent les pigeons et les corbeaux et pour lequel les dégâts étaient très importants.
• 150 ha de blé
• 30 ha d’orge de printemps
• 40 ha de betterave
• 15 ha de maïs
• 10 ha de jachère

Les parcelles sont regroupées dans un rayon de 4 km autour du corps de ferme. Ceci est un avantage certain dans une région où la circulation est dense et où les tracteurs ne sont pas forcément les bienvenus.

Depuis qu’Olivier a repris l’exploitation, l’assolement a évolué. A l’époque où l’on trouvait encore de l’élevage sur la ferme, de la luzerne était cultivée ainsi que du maïs ensilage : ces cultures permettaient d’assurer l’alimentation des animaux.


Une passion : la forêt

Vers une gestion durable des bois

Olivier possède 140 ha de bois divisés en deux parcelles. Lorsqu’il en hérite, il décide d’en rationaliser l’exploitation.

Il choisit donc de replanter des essences adaptées à la région. En effet, jusqu’alors, les essences qui avaient été conseillées de planter étaient des sapins. Or leur exigence en eau (1000 mL eau / an) n’est absolument pas adaptée aux quantités de précipitation de notre région. Après 15 à 20 ans, ces arbres dépérissaient.

Aidé du conseiller forestier de la Chambre d’Agriculture, il opte pour des feuillus précieux tels que le merisier, le châtaignier ou encore le noyer hybride *.

* Noyer hybride : cette essence de noyer ne produit pas de noix mais sa croissance, plus rapide qu’un noyer classique permet une coupe de bois plus précoce.


Tout en privilégiant la diversité des essences, Olivier tient également compte des sols. Dans la Vallée de la Viosne, seront implantées des essences préférant les endroits humides telles que les peupliers; sur les bas de talus, plutôt raides et difficiles à travailler, les frênes seront privilégiés et enfin sur le plateau, chênes, châtaigniers, érables seront implantés. Aujourd'hui, 20 ha ont été replantés : c’est donc 14 % du bois qui est en renouveau.

Compte tenu de la vitesse à laquelle pousse un arbre, la gestion d’un bois s’inscrit obligatoirement sur le long terme. « Lorsqu’on gère une forêt, on le fait pour ses petits-enfants » explique Olivier. En effet, les chênes qu’il a décidé de replanter sur 5 ha pousseront pendant 4 générations avant de pouvoir être coupés...

Le bois issu de la forêt d’Olivier est certifié PEFC (programme européen de certification forestière) ce qui garantit que la forêt est gérée de façon durable.

En matière d’entretien, Olivier ne délègue cette tâche à personne : équipé d’un girobroyeur et d’un tracteur, il broie les interlignes (une interligne sur deux de façon à maintenir une bande d’accompagnement), dégage les têtes des jeunes arbres et fait la taille de formation...
  Entretien d’une forêt - Calendrier

Juin : dégagement des interlignes entre les plantations
Après la moisson (15/08 – 15/09) : taille
15 novembre – 31 décembre : balivage = marquage des arbres à garder


Planter un arbre - mode d’emploi

Selon les essences, les jeunes plants sont implantés à raison de 900 à 1100 pieds par ha.
Au fur et à mesure des années, les plus beaux sujets seront conservés. L’objectif est d’obtenir au bout de 40 ans, une futaie constituée de 120 à 150 arbres par ha en place avec un sous-étage suffisamment touffu pour limiter le passage de la lumière sur le tronc et donc le développement des branches basses (gourmands).
 
Cette tâche stratégique consiste à dégager uniquement le haut des jeunes plants tout en laissant à leurs pieds des espèces naturelles ligneuses et arbustives telles que l’aubépine. Cette technique garantit ainsi le développement de l’arbre vers le haut et freine le développement de branches latérales sur le tronc (les gourmands) qui déprécieraient le bois (gainage des jeunes plants).

La conduite d’un accompagnement implique un suivi annuel.

Forêt privée en Ile-de-France

Bien trop souvent, une forêt est considérée comme un espace de récréation public par des promeneurs peu respectueux. Malgré les panneaux délimitant pourtant une propriété privée, il est très difficile de faire appliquer l’interdiction d’y entrer.

D’une manière générale, il n’est donc malheureusement pas rare de voir des promeneurs, cyclistes et autres cavaliers s’aventurer dans ces bois privés , parfois même à leurs risques et périls. En effet, alors qu’en période de chasse, les « tirs à balle » sont clairement signalés en bordure de forêt, Olivier raconte avoir vu arriver des cavaliers en pleine battue...



Agriculteur et chasseur

Dans les bois d’Us, pendant la période de chasse (du 25 septembre à fin janvier), il est donc possible de chasser du faisan naturel, des sangliers, du chevreuil. En revanche, le petit gibier (lièvre, perdreau...) est plus rare : la circulation sur les routes, le nombre trop important de promeneurs ou de chiens errants dérangent ces animaux dont le nombre diminue.

En tant qu’agriculteur, Olivier essaie également de prendre en compte la biodiversité dans la gestion de son exploitation. C’est la raison pour laquelle il diversifie ses rotations. Il implante également ses cultures (maïs et jachère notamment) de façon à favoriser la reproduction de petits gibiers.

En tant que chasseur, il tolère plus facilement quelques dégâts de gibier dans les cultures.


Informations

Olivier POTIN

Chaussée Jules César
95450 Us

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