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Godefroy POTIN

Agriculteur à Us (95), portrait et témoignage.

Ce portrait a été réalisé en octobre 2015. Les informations sont susceptibles d'avoir évolué.

Présentation de l’entreprise

  • Situation de l’entreprise : L’exploitation est située à Us, dans le Parc Naturel Régional du Vexin.
  • Superficie : 130 hectares.
  • Nombre de salariés ? 2 salariés.

Historique

Etes-vous fils d’agriculteur ? Mon père était maraîcher mais il a arrêté plus de 10 ans avant ma reprise.

Depuis quand êtes-vous installé ? Je me suis installé en 2005.

Comment a débuté votre projet ? Un rêve de gosse qui a pu se concrétiser. J’ai toujours voulu faire ce métier malgré des études en filière générale, j’ai eu l’opportunité en 2005. Je me suis donc orienté vers un BTS en protection des cultures en alternance car je manquais sérieusement de bases. Puis j’ai fait une école de commerce agricole.
Conscient que mon projet ne m’occuperait pas à plein temps et de la nécessité d’avoir un revenu complémentaire tandis que Mariann Fischer Boel (Commissaire européenne chargée de l'Agriculture et du Développement rural dans la Commission Barroso entre 2004 et 2009) nous conditionnait sur la nécessité de devenir double actif, j’ai fini mes études et repris la ferme avec une offre de CDI à mi-temps ; par nécessité plutôt que par choix. La reprise s’est faite sans matériel donc je me suis immédiatement orienté vers l’entre-aide, ce qui m’a aussi aidé à combler mes lacunes sur le terrain.
De 2005 à 2008 j’ai travaillé à mi-temps en parallèle de l’exploitation qui faisait 112 ha. En 2008 les hasards de la vie m’ont fait rencontrer une entreprise de matériel de musculation qui m’a proposé de faire de la maintenance pour leur compte. Je me suis jeté à l’eau, au début en activité complémentaire à la ferme. En 2010, après une mauvaise année agricole, je dépasse les seuils autorisés et monte une seconde structure non agricole.
La même année je reprends 18 ha de prés. En 2011, je développe donc la pension de chevaux sous la forme la plus simple possible car les prés sont à remettre en état et je découvre ce métier. La même année j’embauche un salarié sur l’activité non agricole.


Activités & Productions

  • Quelles productions proposez-vous ? Orge, avoine (pour chevaux), blé, betteraves, colza et maïs.
  • Quelle est la plus importante ? Le blé.
  • Quelles sont vos spécialités ? Une double activité non agricole par nécessité, la pension de chevaux, tous les travaux sauf les traitements réalisés en entre-aide. Depuis 20 ans mon père a converti un bâtiment de la ferme non fonctionnel en 2 gîtes. Je suis en zone classée, le village est inscrit et je suis classé ZNIEFF 1&2.
  • Y-a-t-il des rotations ? J’essaie d’assoler mes blés rien de plus.
  • Quantité : 350 t de blé, 300 t de quota betteravier et 40 t d’avoine, le reste dépend des années.
  • Diversification : Pension de chevaux, gîtes gérés par mon père, activité non agricole au début par nécessité.

Commercialisation

Qui sont vos acheteurs ? J’ai un éleveur qui utilise mes prés. Les céréales sont livrées à la coopérative, sauf la nourriture des chevaux que je stocke. Les gîtes sont loués à des travailleurs détachés hors vacances et à des particuliers les week-ends et vacances.

Quelle est votre production à l'année ? Les prés sont occupés à l’année avec une rotation, les gites remplis entre 70 et 75%. L’activité non agricole génère 80.000 € de chiffre d’affaires de services.

Projets, perspectives et humeur

Êtes-vous impliqué dans un projet privé ou professionnel ? L’an dernier, j’ai monté un projet de production et de vente directe de poulets élevés en plein air mais le permis m’a été refusé en raison de contraintes. On me demande une étude environnementale d’impact Natura 2000, alors que je ne suis pas en site Natura 2000. Le projet n’est pour autant pas abandonné.
Après avoir fait 2 ans comme administrateur national au Jeunes Aagriculteurs, ce qui permet de découvrir de nombreux autres modèles agricoles, j’ai pris en juin la présidence du service de remplacement que j’aimerais développer avec le concours de nouveaux partenaires.
Mon humeur : j’en ai marre des décideurs, des politiques ou de tous ces donneurs de conseils agricoles qui n’y connaissent rien. Dernier exemple en tête, un « génie » qui affirmait que les normes protégeaient le modèle français d’agriculture familiale. C’est l’indépendant qui est le plus pénalisé lorsqu’il doit avoir affaire à des cabinets d’études, à des architectes ou être contraint de se mettre aux normes, pas l’industriel !
Pauvre France, avec des politiques qui ne connaissent rien au terrain, pour nous aider, on n’a même plus besoin de concurrents.

Informations

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