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SDRIF : les chambres d'agriculture émettent de sérieuses réserves !

Publié le Wednesday 20 March 2013


Les chambres d'agriculture de la région Ile de France ont formulé leur avis sur le projet de schéma directeur arrêté par le Conseil Régional le 25 octobre dernier.

Les objectifs généraux fixés en faveur de l'intensification urbaine et d'une gestion plus économe des espaces naturels et agricoles, sont approuvés par la profession. Celle-ci reconnaît en effet les avancées de ce nouveau schéma, qui, dans ses orientations générales, fait le choix d'une ville compacte et dense, afin de limiter l'étalement urbain. Les Chambres confirment de plus que le SDRIF 94 est aujourd'hui dépassé et qu'il ne peut rester plus longtemps en vigueur.

Cependant, les compagnies consulaires estiment que les outils proposés et les règles édictées par le nouveau schéma sont largement insuffisants pour pouvoir atteindre le résultat escompté.

Concernant la consommation d'espace prévue, le projet de SDRIF retient, pour les 20 prochaines années, un prélèvement annuel de 1320 hectares pour l'urbanisation proprement dite. Mais à cela s'ajouteraient les infrastructures et les grands équipements, qui, selon le dossier, pourraient représenter jusqu'à 500 hectares par an. Ainsi le progrès ne serait que très peu perceptible, puisque le rythme annuel constaté au cours des 20 dernières années s'établit à environ 1900 hectares. Avec un tel niveau de prélèvement, on risque, au siècle prochain, de ne plus disposer de terres agricoles de proximité pour alimenter la région la plus peuplée du pays !

Concernant la localisation des espaces urbanisables, la carte de destination générale des territoires est volontairement peu précise, afin de laisser, selon le principe de subsidiarité, une « marge de manœuvre » aux collectivités : les secteurs d'urbanisation préférentielle y sont localisés de manière approximative ; les secteurs de développement à proximité des gares, des pôles de centralité et des bourgs ne sont pas cartographiés ; les capacités d'urbanisation peuvent être mutualisées au sein d'un SCOT, etc. Tout cela crée un flou sur le devenir des espaces agricoles et ne permettra pas aux agriculteurs de disposer d'une vision claire de l'avenir. Celle-ci est pourtant indispensable, si l'on souhaite vraiment maintenir une agriculture forte et dynamique, capable d'investir et de se projeter sur le long terme.
Les Chambres rappellent qu'aujourd'hui c'est l'équivalent d'un département qui disparaît sous le béton tous les 7 ans et que la loi impose de diviser par 2 le rythme de consommation des espaces agricoles d'ici à 2020 !

Elles souhaitent donc que, suite à la consultation des partenaires et à l'enquête publique, la Région renforce la lisibilité et le caractère prescriptif du schéma, tant en ce qui concerne le niveau de consommation d'espace que la localisation des emprises prévues. Ceci est indispensable pour garantir l'atteinte des objectifs fixés et parvenir enfin à économiser l'espace agricole, conformément aux principes édictés dans le cadre du développement durable.

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