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Conjoncture Grandes cultures : La crise agricole s'étend à la filière céréalière!

Publié le Tuesday 02 February 2016


Fin septembre, nous alertions l'opinion publique d'un cours du blé au plus bas depuis cinq ans, couvrant tout juste le cout de production des céréaliers. Des préoccupations qui se confirment aujourd'hui, sans obtenir toutefois plus de réponse de l'Etat !

Malgré de bons rendements en céréales et oléagineux en 2015, meilleurs qu'en 2014, les prix depuis la rentrée ont continué de baisser, poussant les agriculteurs à stocker leur récolte en attente de prix meilleurs. Qui plus est, le taux de protéines en blé tendre se révèle en-deçà des attentes de la filière meunière ; une conséquence de la pression exercée par les Directives européennes successives sur les Nitrates et les acteurs de l'eau.

De son côté, Orama, syndicat agricole défendant au niveau national l'intérêt des producteurs de grandes cultures (COP : céréales et oléo-protéagineux) a déjà tiré fin décembre la sonnette d'alarme. En effet, pour la troisième année consécutive, le revenu moyen des producteurs de COP sera au bas de l'échelle, plus encore qu'en 2013 et 2014 puisqu'il avoisinera zéro avant impôts et cotisations sociales ! La Commission des Comptes de l'Agriculture a confirmé que le revenu moyen en COP en 2014 occupait l'avant-dernier rang avant celui de l'élevage porcin. Et surtout révélé que 28 % des exploitants étaient dans le rouge !

En ces temps de crise agricole structurelle pour l'élevage français, la Chambre interdépartementale d'agriculture, la FDSEA et JA Ile-de-France doutent plus que jamais de la capacité des exploitations de grandes cultures franciliennes et françaises à supporter des prix inférieurs à leur cout de revient et réclament comme les éleveurs des prix rémunérateurs !
Nous réitérons à l'égard du gouvernement et de l'Europe notre amertume face à l'occasion manquée de la dernière réforme de la politique agricole commune, d'adopter des mesures en vigueur depuis plus d'une décennie aux Etats-Unis, à savoir :
- l'octroi d'aides contracycliques fonction de la conjoncture permises par un budget agricole annualisé,
- et le développement d'assurances chiffre d'affaires garantes d'un revenu décent.
Deux propositions reprises par le Sénat dans son projet de Loi en faveur de la compétitivité de l'agriculture et de la filière agroalimentaire, en vue de la réforme PAC 2020 qui se préparera bientôt, afin de sauver nos exploitations du couperet sans merci de la volatilité des cours !

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