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Des rendements agricoles divisés par 2 et des prix bas = Une moisson catastrophique jamais vue!

Publié le Friday 29 July 2016


Dans un contexte agricole en crise, la moisson en cours s’annonce désastreuse. Le monde agricole alerte sur les situations extrêmement difficiles dans lesquelles se trouvent tous les exploitants agricoles d’Ile-de-France et sollicitent des mesures exceptionnelles.

Une situation jamais vue depuis 40 ans…
Les pluies exceptionnelles tombées en mai-juin (environ 350 mm d’eau par m², soit la moitié des précipitations annuelles moyennes), un manque de rayonnement et des températures froides ont eu des conséquences catastrophiques sur la fécondation et le remplissage des grains. Les premiers résultats de la moisson laissent présager des rendements à priori réduits de moitié, voire bien au-delà, toutes cultures et tous modes de production confondus ! Du jamais vu pour les agriculteurs pourtant habitués à travailler avec les aléas climatiques.

… associée à des prix de vente très bas
Mais la situation est d’autant plus dramatique qu’elle intervient alors que les cours des matières premières agricoles sont bas et bien inférieurs aux prix de revient. On les estime en blé à 140€/tonne pour la campagne 2016 en cours de récolte. Avec un rendement de 40 qx/ha, le niveau des charges nécessiteraient un minima de 210€/t ! Soit un manque à gagner prévisionnel de 70€/t en moyenne, une catastrophe pour les exploitations franciliennes, pour lesquelles le blé représente plus de 40% de la sole. C’est une année sans revenus qui s’annonce pour les agriculteurs, voire avec un déficit qui nécessitera plusieurs années pour le combler. Ils seront en grande difficulté pour payer leurs charges et leurs annuités. D’autant que cette situation succède à de mauvaises années : les prix bas de 2015 avaient déjà nettement dégradé les trésoreries. Preuve en est que nombre d'agriculteurs n'avaient pas réglé leurs charges de 2015 à la veille de la moisson 2016. Malgré cette situation catastrophique, les agriculteurs doivent continuer à investir pour maintenir leur activité.

Les Chambres d’agriculture, FDSEA et JA de l’Ile-de-France sont extrêmement inquiets de la capacité des producteurs à encaisser le trou béant que laissera assurément cette moisson hors normes dans les comptes de leur exploitation.
Et notamment celles des jeunes installés dont les créances de démarrage d’activité sont élevées.
Les responsables élus du monde agricole demandent instamment à l’Etat et aux collectivités de prendre la mesure de la situation catastrophique, et aux partenaires du monde agricole de s’associer aux efforts de réduction des charges qui pèsent sur le monde agricole(1) et de report des échéances de paiement au maximum envisageable(2), sans oublier la mise en place de mesures fiscales pertinentes pour permettre enfin une réelle épargne de précaution.

(1) TFNB, charges sociales, charges administratives…
(2) Année blanche de remboursement de crédit bancaire, rééchelonnement charges MSA…

Pour en savoir plus